PetroAnalyse

12 janvier marque dix années depuis le tremblement de terre meurtrier en Haïti. Souvent, Haïti apparait dans les médias internationaux, écrits et audio-visuels, à la faveur d’un scandale, d’une catastrophe ou d’une violence. Il y avait une vague d’articles dans les journaux internationaux en octobre à la suite des manifestations quotidiennes, qui ont commencé avec une grève générale – en créole haïtien, peyi lòk – ont ciblés d’une répression étatique, qui inclue la morte des trois journalistes. En octobre 2019, suite à l’appel à la grève générale conduisant au lock down, le gouvernement a utilisé la répression pour mater les revendications populaires. Ces repressions ont provoqué la mort de trois journalistes, ce qui affiche la volonté du pouvoir de bâillonner la presse. Cette mobilisation est en cours depuis juillet 2018, qui a mène un rapport partial qui a interpellé les officiaux de haut niveau dans le gouvernement pour les mauvais gestion des fonds PetroCaribe qui étais publié le 30 mai, 2019.

Soudainement, après quelques reportages, Haïti disparait dans la presse internationale. On dirait qu’Haïti n’existe plus. Mais la hantise de la violence ne quitte pas les lecteurs de ces articles et les consommateurs de ces images en dehors d’Haïti.

Mais Haïti existe encore. Elle le sera toujours. Les Haïtiennes et les Haïtiens se battent et résistent contre un système de domination et d’exploitation, un État dépendant, un outil au service des intérêts des classes dominantes et de ceux des pays impérialistes, dénommés le « Core Group. »

Les Haïtiennes et Haïtiens, non seulement, occupent la rue dans le cadre des mobilisations de masses mais aussi réfléchissent, analysent, dénoncent, proposent des solutions, rêvent d’une autre Haïti, d’autres relations avec le système mondial. Nous nous proposons d’écrire une série d’articles pour amplifier la voix des Haïtiennes et Haïtiens qui analysent cette conjoncture dans la perspective d’une nouvelle Haïti. Dans les articles qui suivront, nous nous tâcherons de diversifier les voix, les analyses, les réalités et de mettre le focus sur les revendications citoyennes.

NOTRE EQUIPE :

Nixon Boumba est membre fondateur du Mouvement Démocratique Populaire (MODEP) et un des principaux animateurs du Forum Politique des Socioprofessionnels Progressistes Haïtiens. Il travaille en tant que constructeur de capacités des mouvements qui luttent contre l’exploitation des mines et pour le droit à la terre, ainsi que les organisations LGBTI.

Chercheur multidisciplinaire et militant politique, James Darbouze est affilié au Centre de recherche et d’appui aux politique urbaines (CRAPU – UniQ-UQAM). Il anime le blog Epochê. Membre du réseau transdisciplinaire Human Dignity and Humiliation Studies (Human DHS), il est également membre du réseau État de droit saisi par la philosophie de l’Université Paris VIII ainsi que du comité directeur du Centre Culturel Selide. Il est responsable de la rubrique «Aménagement du territoire, urbanisme et développement durable» au Journal Haïti-Monde. Il est l’un des principaux animateurs du Forum Politique des Socioprofessionnels Progressistes Haïtiens. Il œuvre aussi en tant que chargé de recherche au Centre EQUI.

Anthropologue militante, Mamyrah Dougé-Prosper est Professeure Adjointe en Etudes de l’Afrique et de la Diaspora Africaine (Africana) à Davidson College. Elle travaille actuellement sur sa monographie intitulée Développement Contesté dans une Haiti Occupée: Mouvements Sociaux, ONGs et l’État Evangélique. Elle a publié des articles dans des revues universitaires et politiques telles que Women’s Studies Quarterly et Commune Magazine. Dougé-Prosper est également la Coordinatrice Internationale de Community Movement Builders (Bâtisseur-e-s de Mouvements Communautaires).

Docteure en sociologie, Sabine Lamour enseigne la sociologie à l’Université d’Etat d’Haiti depuis 2012. Elle intervient depuis 2005 dans les organisations de femmes en tant que militante féministe et consultante indépendante, tant au niveau rural qu’urbain. Depuis 2017, elle est la coordonnatrice nationale de la SOFA (Solidarité des Femmes Haïtiennes). Elle travaille sur les questions relatives aux rapports sociaux de sexe, la flibusterie, l’esclavage, le colorisme, les dynamiques familiales caribéennes, et l’organisation du politique en Haïti. Elle a co-publié l’ouvrage intitulé : Déjouer le silence : contre- discours sur les femmes haïtiennes (2018) aux Editions Ménage. 

Mark Schuller, anthropologue militant, est Professeur Agrégé à Northern Illinois University et professeur invité à l’Université d’État d’Haïti (UEH). Il a écrit ou édité huit livres, publié une quarantaine articles académiques ou chapitres, et plus dans les médias publics, comme Huffington Post. Il était le coréalisateur du documentaire Poto Mitan. Il travaille en Haïti depuis 2001 ; il a publié une série de textes en créole haïtien. Les Editions de UEH ont publié la traduction de deux de ses livres : Deplasman Tektonik et Cette Charité Qui Tue. Il a édité le dernier numéro de Chantiers sur les ONGs. Il est président de l’Association des Études Haïtiens.

NOS ARTICLES : 12 janvier 2020 – Mark Schuller, Où sont passés les reportages sur le PetroCaribe?